La drôle de campagne

20 février 2017

La drôle de campagne dans politique 11463099Je n’ai jamais vu une campagne électorale aussi étrange que celle de 2017. Rien ne se passe comme prévu. Tout semble possible; même la victoire de Marine Le Pen.
Fillon, Macron, Hamon, Mélenchon, cette petite note amusante en « on » donne déjà le ton d’une campagne pas ordinaire. Plus sérieusement, et dans le contexte actuel de désordre chez nous et ailleurs (l’inquiétant Trump aurait-il  ouvert la boîte de Pandore?), je m’inquiète un peu de l’issue de cette campagne 2017. Mais en même temps la France est prête pour un changement profond qui irait de Macron à Le Pen. Tous deux sont en dehors de la sempiternelle gauche-droite convenue. L’un apporte un regard novateur sur la société française, l’autre veut refermer le pays sur lui-même. Puis il y a Fillon le conservateur qui pourrait rassurer les pusillanimes, particulièrement en ces temps troublés, mais avec un capital confiance limité depuis le Penelope Gate. Il ne pourrait plus aussi librement appliquer ses réformes drastiques sans que cela se retourne contre lui comme un boomerang.

Cette présidentielle 2017 peut tout à fait se dérouler comme pour les précédentes, c’est du presque garanti avec le scrutin majoritaire à deux tours en vigueur. On pourrait alors prévoir l’élimination de Marine Le Pen si elle est face à Macron ou Fillon.
Quant à Macron* il pourrait être qualifié pour le second tour si les Français font le « pari » qu’il est l’homme de la situation pour dynamiser le pays; il est un libéral social qui veut donner sa chance à tous. Il est surtout positif.
Fillon, c’est presque l’inconnu maintenant que l’on découvre différentes facettes du personnage. Lui qui se voulait un père la vertu est en fait tout autre et déçoit d’autant plus. Non seulement il est dépensier avec les deniers publics, l’on découvre aussi qu’il ne tient pas parole. Désormais il s’en remet au suffrage universel plutôt qu’à la justice alors qu’il y a peu il disait se retirer de la candidature en cas de mise en examen. Les Français jugeront.

La drôle de campagne pourrait bien annoncer des jours difficiles si c’est Marine Le Pen qui gagne la présidentielle. Dès à présent l’échéance présidentielle fait remonter les taux d’intérêt qui menacent le pays déjà surendetté. Une victoire de François Fillon n’est guère plus rassurant même s’il a derrière lui de l’expérience. Il ne pourra pas éviter longtemps les Français comme il le fait actuellement dans sa campagne; ils sont en attente de nouvelles pratiques politiques, beaucoup ne supportent plus que les élus continuent de bénéficier de privilèges. Pour Emmanuel Macron, sa jeunesse et l’inexpérience lui compliquent actuellement sa campagne; il veut aller trop vite, se disperse trop, n’a pas vraiment de fil conducteur. On ne connaît pas sa colonne vertébrale, dit « Ségolène Royal. » « Macron est grisé par sa campagne » ajoute-t-elle. Il suffit maintenant qu’il recadre sa campagne.

De nombreuses interrogations apparaissent en ce début de campagne 2017, bien malin celui qui peut en prévoir l’issue.

 

* »Je veux que la France soit un pays qui aime le risque et la réussite ! »

Un paysage politique « chaotique »

3 février 2017

Un paysage politique « chaotique » dans politique francois-fillon-150x150

Drôle d’impression ces jours-ci où tout se bouscule: l’inquiétant Trump, le pėnėlopegate, les élections françaises en pleine confusion. Alors on se dit que tout est possible. La victoire de Marine Le Pen par exemple, car les excès de Trump pourraient tout à fait mobiliser des électeurs sans boussoles, sans convictions et surtout fatigués par l’incurie de la classe politique. Rebelote, le parti socialiste nous refait sa tambouille dans son arrière cuisine; c’est à se demander s’il faut prendre au sérieux ces gens qui parlent sans cesse de rassemblement alors que tout les oppose. Benoît Hamon, le frondeur au discours bien ancré à gauche qui n’a cessé de critiquer ses amis du gouvernements, est en cours de revenir vers eux, de revoir ses promesses, quitte à trahir sa base qui l’a élu. Et maintenant François Fillon se fait prendre la main dans le sac, pire, l’on découvre que monsieur Propre n’est pas si propre, que la timide Pénélope se retrouve dans un feuilleton dont elle semblait ignorer le contenu. Cette nouvelle affaire montre bien qu’une oligarchie politique perdure, profite sansscrupules de ses privilèges au détriment des citoyens. Hélas l’affaire Fillon n’est qu’une énième affaire parmi d’autres. Tant qu’il n’y aura pas de contrôles pour vérifier les dépenses, sans demander le moindre compte (la nature humaine étant ce qu’elle est), d’autres affaires continueront à pourrir la vie politique et à fragiliser davantage la démocratie. Tant qu’il y aura un peuple résigné à sa condition (pour combien de temps encore), à qui on promet du sang et des larmes, et de l’autre une aristocratie républicaine protégée, dans sa tour d’ivoire au point de ne pas comprendre la situation, qui estime que 900000€ n’est pas une si grosse somme- le populisme aura encore de beaux jours devant lui et fera monter les extrêmes. La presse* étrangère n’est pas plus tendre, elle est toujours stupéfaite par nos règles politiques plutôt élastiques.

L’affaire Fillon est désastreuse car celui-ci se voulait intègre, irréprochable. Même s’il est prouvé qu’il n’y a pas eu d’emploi fictif, il n’est pas normal qu’un membre de la famille touche trois fois plus qu’un collaborateur lambda -ça s’appelle du népotisme. C’est déplorable, car les Français avaient donné leur confiance, moi-même j’ai cru dans cette personne. Son image est irrémédiablement abîmée.

 

Vu des États-Unis. Pourquoi la France est si corrompue

Un désastre annoncé

25 janvier 2017

François Hollande sera allé jusqu’au bout de l’échec. Après avoir été à la tête du PS pendant dix ans, il pourra se targuer de l’avoir achevé. Pas mieux son mandat présidentiel qui se termine plutôt mal, jusqu’à ne plus pouvoir en briguer un autre. Bien sûr il n’est pas le seul responsable de l’état du PS, les cadres du parti le sont aussi, qui voient trop souvent leurs propres intérêts, et sont même « contraints » à des combines. La dernière affaire des bidouillages du nombre de votants à la primaire relate bien une entente pour tricher, pour « sauver sa peau » (au lieu de sauver un parti à la dérive)

La défaite de Valls est déjà dans toutes les têtes. Le PS n’est plus loin d’un désastre. Le clan Aubry-Hamon pourra reprendre en main la direction d’un parti devenu exsangue, et le gauchiser à souhait car beaucoup partiront chez Macron. Tant que le PS ne fera pas un aggiornamento complet, et non ces congrès illusoires qui divisent et attisent des haines, il sera voué à des dissensions continuelles, à disparaître in fine.

 

Que vont-ils devenir?

-Manuel Valls, qui n’a pas le soutien du parti, s’en ira vers d’autres horizons…

-Benoît Hamon en véritable apparatchik, restera confortablement installé dans le parti, remplacera peut-être l’actuel premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis.

-Ségolène Royal qui a eu pour lieutenant Valls en 2007, n’exclut pas de soutenir Macron: « Moi ce que je soutiendrai, c’est le rassemblement. Avec le vainqueur des primaires, bien évidemment », ou « avec Emmanuel Macron ». Elle a un art de l’ambiguïté pour ne pas se prononcer, et ne prend pas beaucoup de risques en prévoyant la défaite à venir de Valls.

Le dilemme est le suivant: Si Manuel Valls l’emporte il devra déplacer une montagne : rassembler les socialistes. Si Benoît Hamon l’emporte il devra empêcher l’impossible : éviter l’hémorragie de la famille socialiste vers Emmanuel Macron. » (La Montagne)

Que restera-t-il dimanche soir du parti socialiste? Des miettes ? Emmanuel Macron prévient déjà ne pas vouloir jouer le ramasse miettes d’un parti socialiste déchiré et rejette tout « accord d’appareil ». Il a l’avenir devant lui, la dynamique. Pour le moment tout lui donne raison et même l’aplomb de snober un vieux parti sur le déclin.

 

 

La gifle

21 janvier 2017

 

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La gifle adressée à Manuel Valls pourrait être annonciatrice d’une dérouillée dès dimanche pour celui qui a précipité la sortie de François Hollande. De mauvais sondages doivent circuler pour que certains au PS pensent déjà à un ralliement avec Emmanuel Macron. En effet si Valls ne passe pas le premier tour des primaires à gauche ou que ses chances sont compromises pour aller jusqu’au bout des présidentielles, beaucoup seront tentés de garder leurs votes pour Macron. Cette présidentielle de 2017 promet de belles surprises et surtout un vrai changement que les Français attendent depuis longtemps.

 

Candidats en deuil

15 janvier 2017
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afp.com/GERARD JULIEN

Candidats en deuil… c’est le ressenti de ce débat tristounet à l’image d’un PS de fin de règne. Ils avaient la mine de perdants qui annonce la mort prochaine du PS. J’ai bien essayé de capter ce que les candidats ont voulu transmettre dans cette primaire à gauche, en vain… Tout d’abord c’est une redite de programmes mâchés et remâchés avec quelques variantes comme le revenu universel de Benoît Hamon – inapplicable par le coût prohibitif et par la complexité de la mise en place. Même si l’idée d’un revenu universel peut sembler novatrice, elle ne peut être viable dans le contexte actuel. La proposer ainsi sans une réflexion approfondie n’est qu’un gadget de plus pour plaire à l’électorat. Et ce n’est pas un hasard que ce soit Hamon qui propose cette idée quand on sait qu’il est un homme d’appareil, habitué aux combines. En fait c’est un apparatchik comme bien d’autres du PS. Lui qui se veut novateur tient la boutique PS depuis 25 ans, projetterait même (d’après des rumeurs internes) de se faire parachuter sénateur en 2017. C’est révélateur de gens qui vivent en circuit fermé, dans une caste, hors de la réalité; qui travaillent essentiellement pour leurs carrières. La droite n’est pas exempte de cette situation, c’est un système (celui-là même dénoncé par Macron) qui est à bout de souffle et ruine des partis comme le PS, l’engagement de citoyens pour la vie politique. Alors on comprend le refus de Macron de participer à cette primaire (mascarade) avec des candidats qui se placent déjà pour d’autres enjeux.
Quant à Valls je veux bien croire à une certaine sincérité, il a déjà montré qu’il est un homme d’état et non un homme d’appareil.  Mais est-ce suffisant ? Lui-même, comme d’autres (Ségolène Royal), se sont faits broyés par la machine socialiste. Et ça continue pour Valls qui ne sera guère soutenu par son parti. Tout comme Ségolène Royal en son temps.

Besoin de clarté

7 décembre 2016

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La France a besoin de clarté. Les Français ne supportent plus le mensonge de ceux qui nous gouvernent. Fillon, Macron ont compris cette nécessité de dire la vérité sur l’état du pays. Il est urgent d’avancer, de sortir des compromis politiques qui aboutissent toujours à des demi-mesures. C’est ce qui a fragilisé Hollande. Dès sa campagne présidentielle de 2012 il a commencé à tromper les Français quand il a fustigé « le monde de la finance ». Lui qui a toujours été plutôt libéral s’est mis à prendre des accents gauchistes dans les derniers jours de la campagne car les sondages se resserraient entre lui et Sarkozy. Le grand malentendu Hollande provient de cet épisode, de ce mensonge qui lui a été reproché jusqu’à aujourd’hui, au point de ne plus pouvoir se représenter en 2017. Valls semble prendre le même chemin en se fourvoyant dans ses contradictions pour plaire aux éléphants du Parti socialiste. Il doit composer avec une conception rétrograde de l’économie que le parti persiste à vouloir garder. Un parti dirigé par des gens qui ne veulent pas comprendre qu’il est depuis longtemps * »un grand cadavre à la renverse où les vers se sont mis ». D’ailleurs comment se fait-il que des gens sensés ne cherchent pas à sauver leur parti de la ruine? Alors qu’un besoin de clarté, de vérité, serait indispensable pour le reconstruire – s’il n’est pas déjà trop tard. La primaire à gauche pourrait être ce moment de vérité, mais je crains qu’elle se limite qu’à une bataille d’égos.

 

*Sartre, dans la préface à Aden Arabie de Paul Nizan, définissait déjà la gauche de son époque comme « un grand cadavre à la renverse où les vers se sont mis » ?

 

Fillon, Macron et les autres

23 novembre 2016
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AFP

 

Le tournant

Le paysage politique français vient de changer considérablement. La victoire probable de Fillon aux primaires rebat les cartes.

Hollande qui misait sur une victoire de Sarkozy va devoir changer son fusil d’épaule, à gauche pour le coup (le centre étant occupé par Macron). Ainsi, virer à nouveau de bord, ressortir le manuel du parfait petit socialiste. Cambadelis (un socialiste conformiste dans toute sa splendeur) est déjà aux commandes, prêt à nous refourguer de vieux slogans pour contrer le méchant réactionnaire Fillon. En fait le parti socialiste ne sait que contrer au lieu de proposer, de donner une véritable ligne politique. Il se veut le gardien d’une idéologie éculée qui ne sert qu’à ses cadres et non aux citoyens. Il n’est plus que l’ombre de lui-même, il se ment à lui-même et à ses militants. Il n’a jamais voulu se réformer. Et ceux qui ont voulu le moderniser comme Ségolène Royal, se sont faits éliminer (voir le pitoyable congrès de Reims) Aujourd’hui c’est un parti sans tête et qui sombre chaque jour un peu plus. D’où l’engagement de Macron (qui n’est pas socialiste) pour les présidentielles, hors des primaires, des magouilles d’appareil. La nouvelle donne politique lui ouvrirait un nouvel espace pour exister entre un Fillon conservateur et une gauche rétrograde…

Enfin, Fillon aura le mérite, qu’on adhère ou non à ses idées, de montrer qu’un homme politique peut avoir des convictions* et qu’il n’en dévie pas forcément pour des raisons purement électoralistes. C’est sans doute une des raisons de son succès.

Il y aura bien un avant et un après Fillon. L’échiquier politique aura changé. Comme toujours les socialistes courront après l’événement alors que Macron a tout compris depuis longtemps et a déjà un coup d’avance. Bayrou quant à lui, pourrait aussi se présenter (pour la quatrième fois…) Tout comme Sarkozy, il risque de faire l’élection de trop.

 

(petite réflexion toute personnelle)

 

*« Je défends des valeurs et je ne vais pas m’en excuser. »

Monsieur le président partez !

20 novembre 2016

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Si vous étiez un peu grand vous ne vous représenteriez pas. Ce n’est pas un défoulement contre vous mais une exaspération après cinq ans de votre politique et non politique, le fait aussi d’avoir laissé la France dans un désordre social et institutionnel, même si vous n’êtes pas entièrement responsable de cette situation. Partez dignement avant que le peuple se prononce et vous inflige une défaite cinglante; il a déjà tourné la page en ce qui vous concerne.

L’habit présidentiel est beaucoup trop grand pour vous. 

Monsieur le président, si vous avez un peu de dignité, ne vous présentez pas.